Définition
Le rat musqué (Ondatra zibethicus) est un rongeur semi-aquatique originaire d'Amérique du Nord, introduit en Europe au début du XXe siècle pour l'élevage. Adulte, il pèse de 0,8 à 1,5 kg pour 25 à 40 cm de corps. Son pelage est brun foncé et dense, et sa queue est aplatie latéralement — c'est le critère qui le distingue le plus sûrement du ragondin, dont la queue est cylindrique.
Son nom vient des glandes musquées qu'il utilise pour marquer son territoire.
Ne pas le confondre
Trois espèces sont régulièrement confondues, et la distinction change la marche à suivre :
- Rat musqué — 0,8 à 1,5 kg, queue aplatie latéralement, semi-aquatique, espèce exotique envahissante.
- Ragondin — 5 à 9 kg, queue cylindrique, incisives orange vif, semi-aquatique, espèce exotique envahissante.
- Surmulot (rat brun, Rattus norvegicus) — 200 à 500 g, queue nue et écailleuse plus courte que le corps. C'est lui qu'on rencontre dans les caves, les égouts et les bâtiments, et c'est lui qui relève de la dératisation classique.
Où le rencontre-t-on
Comme le ragondin, il est strictement lié à l'eau : berges, roselières, canaux, étangs, bassins. Il creuse des terriers dans les talus ou construit des huttes de végétaux dans les zones marécageuses. En Wallonie, il fait partie des 15 espèces exotiques envahissantes déjà largement répandues sur les 88 visées par le règlement européen.
Quels dégâts provoque-t-il
Le mécanisme est le même que pour le ragondin, à une échelle un peu moindre : le creusement de galeries fragilise berges, digues et ouvrages hydrauliques, et l'effondrement se produit sans signe préalable en surface. Il consomme également la végétation aquatique qui stabilise les rives.
Sur le plan sanitaire, il peut être porteur de la leptospirose. Le risque concerne les activités au contact de l'eau plus que la présence de l'animal elle-même.
Cadre légal et intervention
Le rat musqué figure sur la liste des espèces exotiques envahissantes préoccupantes pour l'Union européenne (règlement UE n° 1143/2014). Les interdictions de détention, de transport, de reproduction et de relâcher s'appliquent : un individu capturé ne peut pas être déplacé ailleurs.
Sa gestion relève de plans régionaux, pas d'initiatives individuelles. En présence de terriers sur un ouvrage privé — bassin, digue, talus de propriété — le travail utile est le diagnostic structurel et la mise en place de mesures d'exclusion. Si le rongeur observé est en réalité un surmulot à l'intérieur d'un bâtiment, la marche à suivre est tout autre : voir notre dératisation et désourisation à Bruxelles.