Définition
Le ragondin (Myocastor coypus) est un rongeur semi-aquatique originaire d'Amérique du Sud, introduit en Europe pour l'élevage de sa fourrure puis échappé dans le milieu naturel. Adulte, il pèse de 5 à 9 kg pour 40 à 60 cm de corps, auxquels s'ajoute une queue cylindrique de 30 à 45 cm. Son pelage est brun, ses incisives sont d'un orange vif caractéristique, et ses pattes postérieures sont palmées.
On le confond couramment avec le rat musqué, plus petit, et l'expression « rat gondain » est une graphie fautive très répandue du même animal.
Où le rencontre-t-on
Le ragondin vit exclusivement à proximité de l'eau : berges de cours d'eau, étangs, canaux, bassins d'orage, fossés de drainage. Il creuse des terriers dans les talus, avec une entrée souvent située au niveau de l'eau ou juste en dessous.
En Belgique, il est solidement établi. Sur les 88 espèces exotiques envahissantes visées par le règlement européen, 29 sont présentes en Wallonie, et le ragondin figure parmi les 15 déjà largement répandues.
Quels dégâts provoque-t-il
Trois types de dégâts, par ordre de gravité :
- Structurels — ses galeries fragilisent berges, digues, talus et parois de bassins. C'est le dégât le plus coûteux, parce qu'il ne devient visible qu'à l'effondrement.
- Végétaux — il consomme de grandes quantités de plantes aquatiques et de cultures riveraines, et détruit la végétation qui stabilise les berges.
- Sanitaires — il peut être porteur de la leptospirose, transmissible à l'humain par l'eau contaminée, et de la douve du foie.
Cadre légal en Belgique
Le ragondin est inscrit sur la liste des espèces exotiques envahissantes préoccupantes pour l'Union européenne, en application du règlement (UE) n° 1143/2014. Ce statut entraîne des interdictions strictes de détention, de transport, de reproduction, de mise sur le marché et de relâcher dans la nature.
La conséquence pratique est importante : un ragondin capturé ne peut pas être relâché ailleurs. Le déplacement est interdit. La mise en œuvre du règlement en Belgique fait l'objet d'un accord de coopération entre l'État fédéral, les Régions et les Communautés, et les modalités de gestion relèvent des autorités régionales.
Que faire en cas de présence
La présence d'un ragondin sur un terrain privé se signale d'abord au gestionnaire du cours d'eau ou à l'autorité régionale compétente, parce qu'elle relève d'un plan de gestion et pas d'une décision individuelle. Une intervention isolée sur un site connecté à un réseau hydrographique n'a qu'un effet temporaire : d'autres individus recolonisent.
Sur les bassins fermés, les ouvrages privés et les sites industriels, l'enjeu est différent : il s'agit de protéger la structure. Le diagnostic identifie les terriers actifs, évalue le risque d'affaissement et détermine les mesures d'exclusion possibles.
Attention à ne pas confondre : un rongeur observé dans une cave, un sous-sol ou un bâtiment n'est pas un ragondin mais un surmulot, et il relève d'une intervention classique de dératisation et désourisation à Bruxelles. Le ragondin ne quitte jamais les abords immédiats de l'eau.